Rechercher
  • CABINET VIDAL

Le dysfonctionnement de la thyroïde







Fatigue, prise de poids, déprime... les symptômes d'un dérèglement de la thyroïde sont multiples. Les détecter est primordiale.


Dysfonctionnement de la thyroïde : les symptômes à détecter Pas plus grosse qu'un papillon, posée dans notre cou sous la pomme d'Adam, la thyroïde joue un rôle essentiel. "Les hormones qu'elle produit régulent de nombreuses fonctions de l'organisme, explique le Dr Nathalie Beressi, endocrinologue à Paris: fréquence cardiaque, poids, température corporelle et sudation, sommeil, nervosité…" Rien que ça! Conséquence: les troubles extrêmement variés produits par son dérèglement peuvent être difficiles à analyser, et même induire les médecins en erreur, retardant d'autant la mise en place d'un traitement efficace.


Les symptômes à repérer Grande fatigue, chute des cheveux, frilosité, prise de poids, constipation, trous de mémoire, démangeaisons, hypertension et hausse du cholestérol: ces troubles, trop souvent mis sur le compte de l'âge, peuvent signaler une thyroïde paresseuse (hypothyroïdie, en langage médical). Dépister la coupable – qui perturbe ainsi 15% des seniors – et la traiter suffit alors à retrouver sa joie de vivre. Plus rarement, il arrive que la thyroïde s'emballe (hyperthyroïdie), mettant tous les organes en "surrégime" avec des symptômes tout aussi communs: nervosité, insomnie, transpiration, tachycardie. C'est encore à la thyroïde qu'il faut parfois penser en cas de libido en berne, de troubles de l'érection ou de l'éjaculation. Ces perturbations disparaissent si la cause est identifiée et soignée.


Les signes à déceler Une autopalpation de la base du cou peut aider à repérer un déséquilibre car la glande a tendance à gonfler au fil des ans pour former un goitre, notamment chez les fumeurs et les personnes en manque d'iode. Malgré l'enrichissement du sel de table, une étude française a constaté de fréquentes carences, notamment chez les femmes de l'Est de la France, qui sont donc incitées à manger plus de produits laitiers et d'aliments marins.


Des examens simples

"Il suffit d'une analyse de sang pour doser l'hormone (la TSH) qui régule la production des hormones thyroïdiennes", explique le Dr Beressi. On aurait tort de se priver de cet examen simple et peu coûteux car les dysfonctions thyroïdiennes empoisonnent la vie quotidienne tout en augmentant le risque cardio-vasculaire. Or, des médicaments peuvent fournir les hormones thyroïdiennes manquantes ou au contraire bloquer leur production excessive. Ce traitement généralement efficace nécessite des ajustements réguliers. La thyroïde a enfin une fâcheuse propension à se couvrir de petites boules appelées "nodules", le plus souvent bénins, dont certains devront être enlevés. Une échographie est alors prescrite. "Si le nodule mesure plus de trois centimètres, on préfère l'enlever", précise le Dr Beressi. Les nodules se révèlent rarement malins (moins de 5% des cas). Les progrès de l'échographie ont amélioré le diagnostic et aussi le succès des traitements.

Les innovations chirurgicales

On a recours à la chirurgie lorsque les médicaments ne suffisent pas ou que le volume de la glande gêne la déglutition. De grands progrès ont été faits dans ce secteur. L'intervention entraîne des cicatrices de plus en plus discrètes, voire invisibles. La chirurgie mini-invasive, sous endoscopie, avait déjà réduit la taille de l'incision à la base du cou. Les chirurgiens opèrent à l'aide d'un robot chirurgical Da Vinci(R) qui passe par le creux de l'aisselle sans toucher le cou. "Les images en 3D haute définition limitent les complications et les douleurs postopératoires"